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Indications pour la moxibustion

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La moxibustion est une méthode non-invasive, centrale en médecine chinoise et pour accompagner le shiatsu. Un praticien de shiatsu devrait toujours avoir des moxas avec lui. Leur chaleur intense et très uniforme est souvent une bénédiction pour les receveurs, notamment quand il s’agit de calmer immédiatement une douleur.

En Chine, on traite en moxibustion des pathologies aussi diverses que la tuberculose, le paludisme, les œdèmes, l’impuissance, l’apoplexie, la transpiration excessive etc. Il est fréquent de voir en Chine un bâton de moxa disparaître en une séance (une petite heure de combustion) et cela plusieurs fois dans la semaine ! Certains points comme le 36E très prisé des chinois est tellement chauffé au moxa, et avec des petits cônes directement posés sur la peau, qu’il en résulte des durillons !

De nombreux points interdits à l’aiguille sont accessibles aux moxas. De toute façon, une

aiguille influence peu le yang en vide car une aiguille ne peut agir que sur le Qi présent ; moxas et shiatsu sont plus efficaces dans ce cas précis.

L’ efficacité de la moxibustion n’est plus à démontrer tant en  prévention, en cure antifatigue et la moxibustion donne de très bons  résultats sur les douleurs récurrentes et même parfois de façon spectaculaire. Ses inconvénients sont minimes, la gêne occasionnée par la fumée, dont personnellement j’aime l’odeur, peut être réglée par les bâtonnets dans odeur.

La moxibustion se pratique sous différentes formes, le praticien de shiatsu utilise généralement des bâtonnets d’armoise qui ressemblent à de gros cigares, mais les mini cônes adhésifs ou les mini cônes sur supports variés (même sur une rondelle de gingembre ou d’ail) sont possibles.

Ces bâtonnets servent à chauffer le point sans jamais le toucher, simplement en approchant le bâtonnet du point préalablement repéré.

 

Effets de la moxibustion

1. Dispersion – même temporaire – de la douleur. Souvent, il convient de répéter le traitement. Il n’empêche que c’est spectaculaire pour contrer le froid et l’humidité (et

pas les traumatismes récents, rappelons-le). Le moxa restaure le Qi et fait circuler le Sang grâce à la chaleur. Celle-ci pénètre la peau – qui rosit puis rougit doucement –, puis les muscles, les méridiens et enfin les organes profonds.

2. Renforcement du yang, principe de vie. Quand le yang, l’énergie défensive, est fort, la maladie n’entre pas.(Alors que l’énergie nourricière est yin.)

3. Amélioration de la circulation du Sang et de l’Énergie. Ex. : en cas de prolapsus, de

diarrhée, on travaillera notamment 20DM pour diffuser le Yang Qi au corps entier.

 

Contre-indications

Si la moxibustion est, en général, très bien tolérée, elle présente toutefois quelques contreindications dont les principales sont la présence de fièvre, la fragilité de la zone à traiter ou la

fragilité du sujet (enfant, personne très malade, traumatisme physique récent, plaies, sécheresse excessive…). Il s’agit pour la plupart de simple bon sens.

1. Fièvre. Ne pas chauffer en cas de fièvre pour ne pas ajouter de la chaleur à la chaleur.

2. Femme enceinte : ne pas travailler l’abdomen et la région sacrée au moxa.

3. Les zones trop enflammées, surtout récentes : les traumatismes récents, très chauds, comme une entorse, ne doivent pas être moxés car ils sont en excès de yang. En revanche, les inflammations endogènes (dues à une mauvaise alimentation, à un traumatisme ancien, à l’humidité…) sont très intéressantes à moxer, et notamment les arthroses.

4. Les méridiens très superficiels, vulnérables (nez, yeux, orifices, muqueuses…).

5. Les règles.

6. Les états pathologiques ou traumatiques aigus, les états d’excitation (alcool, stimulants, émotion violente, hémorragie, soif ou faim extrême, palpitations, tachycardie…), les tremblements, l’agitation.

7. L’hypertension et les cardiopathies : on travaillera tout de même 17V pour tonifier le Sang et pallier aux vides de Cœur.

8. En cas de sécheresse, d’insuffisance de liquides organiques, il ne faut pas moxer car

cela reviendrait à chauffer un terrain sans eau (yeux secs, muqueuses sèches…). 

9 Chute d’organe.

10 Attention avec les patients que l’on prend juste après le déjeuner !

 

 Points interdits (variant selon les auteurs) :

 

Les zones vulnérables (15 et 16DM, 1V, 20GI, 1

et 2E, 17E, 8C, 8MC, 23TR, 14RM, 23RM…), la région du cœur, l’abdomen des femmes enceintes…

Certains textes demandent d’éviter les moxas sur le dessus du corps et en particulier sur la tête mais d’autres auteurs les préconisent avec précaution. Ils sont alors utiles en cas de

faiblesse générale, pour faire remonter le yang par la tête.

 

Points préférés des grands auteurs

Les auteurs classiques (Chamfrault…), qui ont tous leurs points de prédilection, affirment notamment qu’en cas de problème de membres et d’abdomen, 14 et 15RM sont très efficaces, que l’on chasse le vent pervers par 20DM (en évitant de faire monter trop de chaleur interne) et 20VB (fenêtre du Ciel – attention aux cheveux !), que l’on libère les œdèmes par 9RM (le

partage des eaux)…

Beaucoup d'ouvrages regorgent de points à chauffer et proposent parfois d’intéressantes stratégies, vous en trouverez aussi par vous mêmes avec l'expérience.

 

Philippe Laurent, dans « Le dragon des 12 fleuves », mentionne toute une série de points, méridien par méridien, souvent situés dans des zones sensibles (œil, visage…) ou sur une artère. Il différencie par ailleurs les points que peuvent être chauffés mais non cautérisés, de ceux qui ne peuvent être ni chauffés, ni cautérisés.

Rappelons que la cautérisation ne concerne pas à priori le praticien de shiatsu qui utilise un bâtonnet d’armoise. Il ajoute que beaucoup de points considérés comme interdits peuvent être chauffés avec précaution – notamment au bâtonnet – en fonction de l’examen du patient et du discernement du praticien. Certains de ces points sont liés

aux femmes (5RM, par exemple, que la tradition considère comme un point susceptible de rendre une femme stérile.

Alors que la moxibustion près des orifices – souvent muqueux ou très fragiles – est déconseillée, les Chinois ont inventé certaines techniques pour chauffer tout de même certains points importants : des lunettes équipées de petites broches à armoise et de protection des yeux par des coques de noix imbibées de décoction de chrysanthème, une solution nourrissante, des bambous auriculaires surmontés d’armoise (un peu comme des bougies Hopi), etc.

 

 

Protocole d’application

On l’a dit, les moxas traitent tous les désordres chroniques et les déficiences de yang. La prise de pouls est cruciale, évidemment, dans sa précision comme dans son interprétation. Elle

définit la qualité énergétique qui pourrait nécessiter l’application de moxas mais aussi la qualité énergétique globale de la personne. L’observation de celle-ci, ainsi que le dialogue, la palpation, l’écoute, doivent également orienter le praticien (présence de fièvre, femme enceinte, règles, pathologies, médicaments, photosensibilité, type de peau, sécheresse…).

Nous nous en tiendrons ici à l’application des moxas en bâtonnets.

Le point à traiter est tout d’abord marqué au feutre lavable car l’œil le perd facilement en cours de traitement. Autant être précis. Recherchons donc les bonnes petites cuvettes,

revoyons nos notions de cun, de phalanges, de doigts, de distances…

Quand la stratégie est clairement définie, que le ou les points sont repérés, que leur qualité est suffisante pour être chauffée (attention aux plaies, à la finesse de la peau, aux poils et

cheveux, aux hématomes…), que le moxa a été allumé, que l’étouffoir à moxa est à portée de main (Un gobelet rempli de terre, de cendres ou d’eau, sans quoi le moxa va se consumer entièrement.)

Il est nécessaire  que l’aération de la pièce soit prévue ! Prévenir le receveur : qu’il se manifeste dès que la chaleur est n’est pas loin d’être insupportable ou même inconfortable.

Certains patients pensent qu’ils doivent prendre leur douleur sur eux et ne rien dire. C’est le contraire.

 

1. Chauffage doux : il suffit d’approcher le bâton d’armoise du point à chauffer,

sans toucher la peau. On reste donc à un ou deux centimètres de l’épiderme jusqu’à ce que

la personne dise qu’elle a trop chaud. Alors on recule puis on picore (point 2).

La peau rougira sans brûler. Préconisé en cas de points vides, de faiblesse générale, de diarrhée.

Il est étonnant de constater que le vide de certains points permet de laisser un moxa à quelques

millimètres de la peau sans douleur, parfois durant plusieurs minutes. Dès l’arrivée de l’énergie,

la douleur devient insupportable dans les mêmes conditions.

Moxa doux sur point vide. Plusieurs minutes nécessaires.

 

2. Picorage (ou becquetage) : quand le point est plein, on le « picore » avec le cigare, 

c’est-à-dire que l’on approche puis recule le moxa comme un oiseau picorerait le point.

Cette moxibustion intermittente suit souvent un chauffage doux.

Plus le geste est court et rapide, plus l’intensité est forte.

 

3. Chauffage circulaire : pour remplir les vides mais également pour traiter les maladies de peau,

qui sont souvent des pathologies de vides profonds ( Même l’eczéma, chaleur externe,

est causé par un vide interne), on traite le point en faisant tourner le cigare sur un cercle entourant

le point pendant quelques minutes.

 

Comme évoqué plus haut, la moxibustion occidentale ne traite les points que durant

quelques  minutes. Les Chinois, souvent, chauffent plus longtemps, en séances

d’une heure, et répètent l’opération quotidiennement pendant plusieurs jours.

La moxibustion est souvent très efficace mais contrairement au shiatsu et à l’acupuncture,

il lui faut parfois plusieurs séances pour générer des effets tangibles et durables

et même parfois plusieurs jours ou semaines après la fin des traitements pour que se manifeste 

un véritable changement d’état chez le patient.

Il faut donc intérioriser le fait que le chauffage des points n’est pas – contrairement aux 

apparences – une opération superficielle. Au contraire, elle agit en profondeur et nécessite

dès lors une application soigneuse, parfois longue, et répétée.

 

Dernier point, mais non des moindres : attention à la chute de la cendre et plus 

particulièrement à la chute du cône incandescent sur la peau. La cendre,

en s’accumulant, diminue l’efficacité du moxa et finit par tomber sur le patient, il faut donc

régulièrement s’en débarrasser comme tout fumeur le fait avec sa cigarette.

Attention ! La chute du cône incandescent est un accident qui peut induire de vilaines

brûlures. Ayez toujours de quoi traiter les brûlures et, si possible, exercez-vous au

« barrage du feu »,  une pratique qui semble ésotérique mais qui peut être comprise

par un shiatsu-shi comme une application « tonglen » fluidique.

Après (si possible) passage à l’eau froide, plus ou moins long, vous appliquez

les mains sur la brûlure, sans la toucher, et vous « aspirez » la chaleur à l’inspiration avant

d’envoyer de la fraîcheur à l’expiration, comme vous le faites en shiatsu fluidique.

Pratiquer jusqu’à extinction (souvent soudaine) de la douleur.

Cette technique demande de l’expérience.

 

Indications des moxas

 

L’armoise, qui fait remonter le yang, est une « réchauffeuse et une ouvreuse de méridiens ».  Les désordres chroniques, déficiences d’énergie yang seront donc de parfaites indications pour le  moxa qui apportera la chaleur nécessaire.

La moxibustion équilibre le Sang (Xue) et le Qi dont la circulation harmonieuse est un gage de bonne santé. Les stases et stagnations apparaissent quand le Sang ralentit par manque de Qi.

S’il faut éviter de moxer une inflammation récente due à un traumatisme (entorse par exemple ) ou en présence d’une inflammation généralisée, par contre la moxibustion est très indiquée en cas d’inflammation récurrente locale, surtout ancienne (arthrose, rhumatismes, épaules douloureuses depuis des années, etc.).

Vous serez alerté par un vide de yang lié à une abondance de yin (yin apparent). Certains praticiens prennent en même temps le pouls à droite (yin – pouls Qi Hao) et à gauche (yang – pouls Ren Ying) pour juger du déséquilibre.

 

Dans la tradition taoiste, les points de « Longévité ».

Pour favoriser la longévité, on fera les quatre « san li » ou points de longévité, c’est-à-dire

36E (« zu san li » ou « trois distances du pied ») et 10GI (« shu san li », ou « trois distances

de la main ») des deux côtés.

 

Autre méthode de longévité et de prévention des maladies (complémentaire à la première) : le

chauffage de 4RM, 6RM et 4DM, éventuellement avec deux bâtonnets pour travailler,

amplifier, équilibrer le dos et le ventre en même temps. Les textes anciens l’affirment : quand

ces trois points sont chauffés, la longévité est assurée, accompagnée de sagesse et

d’épanouissement ! Le moxa soutient le Yuan Qi, l’énergie ancestrale, qui permet de résister

autant que possible aux maladies, alternances, mutations, etc. Le moxa est donc susceptible

de prolonger la vie.

 

Fatigue

En cas de fatigue par manque de yang (perçu au pouls), le 36E apportera de nombreux

Bienfaits, 12RM (point réunion de la couche yang ming et point mu de l’Estomac…), 11GI… sont les grands points du yang et on les chauffera abondamment, parfois tous les jours

Le 36E, point majeur des moxas, augmente la vitalité, l’acuité visuelle, lutte contre les maux de ventre, augmente le Yang Qi, donne de la joie, tonifie la Rate… (Seule une Rate tonique peut entretenir le « feu central ».)

Pour certains auteurs, 36E et 10GI soignent toutes les maladies ! Constituant la couche yang ming, moitié sang moitié énergie, ce sont des méridiens à haut débit parsemés de points majeurs. Ils sont équilibrants.

En cure de trois semaines ou davantage si besoin.

Formule de tonification où le Feu nourrit la Terre : 36E et 4RM (mu de l’IG).

 

Fatigue profonde

En cas d’épuisement réel et profond, l’acupuncture n’est pas conseillée car elle fatiguera davantage. Dans ce cas, les moxas sont une bonne solution. Un shiatsu antifatigue travaillera RP-E puis les moxas pendant une vingtaine de minutes.

 

Troubles musculo-squelettiques

La moxibustion est particulièrement spectaculaire en cas de douleurs musculo-squelettiques récurrentes. C’est parce qu’elle réchauffe les méridiens et ouvre les points qu’elle soulage la douleur, perçue par les Chinois comme une stagnation ou un blocage de Qi et de Sang. Le flux rétabli, la douleur et le froid reculent.

 

Genoux, hanches, épaules, mains

Contre les inflammations récurrentes (arthrose…), on travaillera avec bonheur les articulations concernées : le tour des genoux (9RP, 8F, 10R, 36E, 34VB… sauf 40V à cause de l’artère poplitée), les hanches (30VB), les épaules (15GI, 14TR, 11GI, 10IG et même 5TR), les mains (le plus souvent hors-méridiens, en fonction des endroits douloureux). D’une manière générale, on peut chauffer directement l’endroit sensible. L’effet, même temporaire, est souvent spectaculaire.

 

Affections chroniques, diarrhées

Si elle est très appréciable dans toute affection chronique aggravée par le froid et l’humidité

(arthrite, maux de dos, maux de genoux… ; on travaillera une lombalgie chronique sur 23V

par exemple), la moxibustion l’est également dans certains cas de diarrhées (avec un moxa

sur du gros sel dans le nombril, 8RM, une stratégie également très utilise pour générer du

sang).

 

Points shu du dos

La moxibustion est efficace sur les points shu du dos (11V pour les os, 12 et 13V pour chasser l’énergie perverse des poumons, 15V pour le Cœur, 18V pour le diaphragme, 20V pour la Rate et 23V pour le Rein, soit les shu des organes et non des viscères). Le 23V est idéal pour un R faible avec faiblesse des genoux et des lombes.

 

Ventre

Pour le ventre, on travaillera également le 36E, décidément bien réceptif aux moxas. Il faut dire que ce « point de longévité » est le roi des moxas.

 

Dysménorrhée

Pour régulariser le cycle menstruel, on peut appliquer le moxa sur 4 et 6RM qui ont respectivement une action mécanique et hormonale. À l’approche de la ménopause, on y ajoutera 6RP. Attention toutefois à ne pas moxer pendant les règles ! Attention aussi au 5RM, à considérer avec prudence chez les jeunes femmes car il les rendrait stériles !

 

 

Source : Cours de l’Ecole de Shiatsu Traditionnelle de l’AIST (Association de Shiatsu Traditionnelle)

 

 



01/10/2015
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