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Le non dit

 

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Entre mystères, secret de famille, interdit implicite, sous-entendu, lâcheté, tabou, convention tacite, défense,  le non-dit est envahissant.

Il est pourtant naïf de s'imaginer que ce qui n'est pas DIT ne va pas s'exprimer, agir, nuire même.

Nous sommes des êtres d'expression et nous communiquons par symbole. Le langage écrit et parlé est symbole, mais pas seulement, les actes, les rêves, les maux du corps sont des symboles, tout comme l'expression artistique, musical ou pictural.  L'expression de l'émotion est un fluide énergétique qui doit circuler. Ce qui est réprimé, contenu s'imprime quelque part.....

 

L'émotion est un mouvement Emotion est né du latin « émovéré », qui signifie : Se mouvoir.
Elle nait de chaque interaction et modifie quelque chose dans la configuration de notre visage et de notre corps. L’étymologie en soi donne des indications précises sur le chemin à suivre pour lire l’émotion : d’abord observer son mouvement, car l’émotion est un mouvement corporel... Derrière une émotion, il y a donc toujours un mouvement.

Il est même sans doute à la base de l’émotion ! C’est ce qu’avait bien compris un grand psychologue de la fin du XIX ème siècle : William James. Il symbolisait le processus en prenant un exemple aujourd’hui devenu classique : « Si lors d’une promenade vous croisez un ours, pensez-vous d’abord à vous enfuir et prenez-vous conscience ensuite que vous avez peur ? ou bien alors, avez-vous peur et vous enfuyez-vous pour cette raison … ? » Dans ce débat, tout le vingtième siècle lui a donné tord en disant : Si nous avons peur nous nous enfuyons. Avançons que c’est d’ailleurs assez logique. Mais des recherches récentes montrent que la fuite est préalable et que c’est en courant que l'être humain prend conscience qu'il a peur de l’ours !
Ce mécanisme est au cœur même de la survie.

En voiture, il nous est tous arrivés de freiner avant même d’avoir pu analyser la nature du danger. Si nous avions dû attendre que notre «cerveau conscient », le néo-cortex intervienne, il aurait été trop tard. Ce sont des composantes émotionnelles qui ont fait le travail beaucoup plus rapidement. Entre l’émotion et le mouvement, nés de l’interaction, se déroule un véritable pas de deux, et nous entrons dans la danse dès la naissance, car l’amygdale est déjà préformée à la naissance.
Partir des mouvements du visage et du corps pour décrire l’interaction semble avoir tout son sens. Consciemment, nous mettons les mouvements du corps en relation avec des états psychiques. Ce que nous faisons lorsque nous disons « il pleure c’est donc qu’il est triste », ou « tu as vu comme il est fier, il bombe le torse», « Je voulais lui parler de ça… il a plissé le front, j’ai tout de suite arrêté », « en ce moment il se traine , il est épuisé »…
Si nous nous livrons à cet exercice de mise en relation d’états émotionnels ou psychiques avec les mouvements du visage et du corps c’est parce le cerveau se livre à cette opération. Nos mouvements, les informations que nous intégrons, les émotions que nous ressentons, sont des instances inter reliées dans notre cerveau. Une pensée, une émotion, un mouvement, ont des répercussions réelles aux deux autres niveaux. De la même manière que nous ne pouvons pas manger sans que forcément notre estomac travaille, que forcément il envoie des messages de bien-être à notre cerveau qui les décode et que nous en prenons conscience, nos états internes se modifient toujours à plusieurs niveaux simultanément.
Nous nous en rendons bien compte lorsque nous faisons du sport : le fait de marcher, nager, faire du vélo par exemple, ne sont qu’une somme de mouvements, mais ils déclenchent du bien-être et font souvent naître en cours ou juste après l’effort des pensées, des émotions d’un ordre différent de ce qu’elles étaient, avant d’entreprendre ces mouvements. Nos mouvements nous ont changés, en quelque sorte.
Longtemps nous avons cru que le cerveau pilotait le corps, lorsque nous éprouvions des émotions, mais nous savons aujourd’hui que le processus est plutôt interactif. Le corps ne fait pas que réagir aux messages envoyés par le cerveau. Il envoie, lui aussi, des messages émotionnels transitant par le tronc cérébral, à destination du cerveau. C’est si vrai que lors d’accidents, les malades empêchés d’envoyer des informations corporelles au cerveau, ressentent également moins d’émotions.

 

Le travail sur les émotions se heurte à une difficulté propre aux émotions elles-mêmes. Comme il suffit de regarder son interlocuteur pour s’assurer de leur présence, chacun pense savoir les décoder. Alors qu’il existe un décalage important entre nos capacités inconscientes qui sont énormes, sans limites disent certains, et nos capacités conscientes qui sont beaucoup plus limitées.
Nous nous trompons sur les émotions que nous ressentons et notre capacité à les décoder consciemment chez les autres est négligeable par rapport à ce qu’elle pourrait être.  Il faut apprendre à observer.
La lecture des émotions contraint à se débarrasser d’une croyance commune : Il ne faut pas observer pour apprendre, il faut apprendre pour observer.  Nous ne verrons jamais si nous ne savons pas quoi regarder. Apprendre à observer une émotion sera d’autant plus facile que nous saurons comment elle se construit.
Un souci d’efficacité nous conduira à ne pas distinguer entre des états aussi différents qu’affect, état d’âme, sentiment, pulsion, état psychique, humeur, voire même programme comportemental… et émotion !
Derrière le fait par exemple qu’un être humain soit en colère, en rage, exaspéré, agressif par exemple ou seulement irrité, des constantes générales non-verbales communes se profilent toujours.  Les émotions seront donc définies à partir de leurs constantes non-verbales.
Le regroupement de constantes non-verbales communes nous permettant de fabriquer des catégories émotionnelles.
Nous commencerons tous alors à parler de la même chose.

 

Le paradoxe des émotions c’est qu’elles nous permettent de cacher nos émotions ! c’est un comble. En fait, pour utiliser une métaphore, les émotions agissent à l’occasion selon le même mécanisme que les produits dopants chez les sportifs !

Que faire pour qu’un produit illicite soit rendu non décelable, lors de contrôles anti-dopants ? On le masque à l’aide d’un autre produit ! Le même phénomène a lieu avec les émotions que l’on cherche à cacher. Comment faire pour cacher une émotion ? Il s’agit simplement de plaquer sur elle une autre émotion !

Les non-dits sont petits ou gros. Mais derrière des états différents, tous les non-dits sont régis par les mêmes règles. Il  y a toujours ce que nous disons d’un côté et ce que nous montrons, de l’autre côté. Ce que nous disons, traduit l’émotion à laquelle nous cherchons à faire adhérer notre auditoire en nous accompagnant du discours. Ce que nous ressentons, c’est l’émotion sous jacente, celle que nous ressentons réellement. Chaque fois que l’émotion sous jacente est de même nature que l’émotion sur jacente la personne est pleinement authentique.  En revanche si l’émotion sous jacente est de nature différente de l’émotion sur jacente, il y a un décalage… et c’est la lecture de ce décalage qui va nous intéresser.

Plutôt que de parler de mensonge lorsque la relation n'est pas pleinement authentique, nous parlerons plutôt de non-dit.  Pour décoder ces non-dits, il faudra préalablement se demander dans quelle attitude mentale se trouve la personne placée en situation de cacher ce qu'elle pense. La personne persuadée qu'elle est plus maligne que l'autre  ne se comportera pas comme celle qui est persuadée que son mensonge va être découvert. Elles ne livreront pas les mêmes items ou plutôt pas les mêmes chaines logiques d'items, pour employer un langage synergologique. Enfin ces deux personnes ne se comporteront pas comme la personne vigilante qui communiquera le moins possible pour ne pas se désavouer.
   
Trois types d'attitudes mentales pour trois types de non-dits. Il ne faut pas non plus négliger le fait que la personne estimant le non-dit nécessaire trouvera un aplomb pour cacher la vérité, bien supérieur à celle qui se sent coupable de le faire. 

 

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Sur ce lien vidéo ina.fr  Bernard PIVOT reçoit Claude OLIEVENSTEIN pour son livre "Le non-dit des émotions". Au cours de l'entretien, ce dernier définit ce qu'est le non-dit : un combat contre soi, un compromis pour accepter la règle du jeu des autres... Quand on s'avoue les non-dits, il y a alors jouissance et plaisir, mais quand ils deviennent insupportables, comme le non-dit de l'angoisse, cela peut mener au suicide. Claude OLIEVENSTEIN parle aussi des non-dits dans le domaine de la sexualité, de la médecine, des non-dits des laids, des toxicomanes. Pour terminer, l'auteur remet en cause le pouvoir des médecins et celui de l'hôpital.  Cliquez pour voir  la vidéo

 

 

Voir : 

► LE SENS DES MALADIES

● Le mal a dit

● L'approche somato-émotionnelle

● Libération émotionnelle

● L'intelligence émotionnelle

● Comment procéder à la libération émotionnelle

 

 

Voir aussi :  Communication non verbale

 

 



03/08/2014
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