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Les messages symboliques de notre inconscient

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Un symbole peut être un objet, une image, un mot écrit, un son ou une marque particulière qui représente quelque chose d'autre par association, ressemblance ou convention. Par exemple, il y a des symboles pour le code de la route. 


Le symbole est un signe, qui a un sens, ce sens est souvent commun à un groupe plus ou moins étendu, certains symboles sont plus ou moins universels. Mais ils ont des variantes culturels et aussi interindividuelles en fonction de l'histoire de chacun. C'est la raison pour laquelle, pour décoder un rêve, et même s'il existe bon nombre de symboles communs, il faut l'association libre du rêveur lui-même. 

La sémiologie théorise deux divisions : le signifiant et le signifié, selon Ferdinand de Saussure. La sémiotique en théorise trois : le signe, l'objet, l'interprétant, selon Charles S. Peirce ;

le symbole (le signe), la référence (la pensée), le référent (l'objet), selon Charles Ogden et Ivor Richards (1923).

Frege, en 1892, distinguait:

Le sens est l'expression ou la proposition, c'est la signification, la pensée exprimée, il peut être commun à plusieurs personnes.

La référence est l'objet désigné, ce qu'une expression linguistique désigne.
La représentation est une unité mentale subjective et individuelle.

 

L'acte manqué, le lapsus et le rêve, sont des expressions de l'inconscient selon Freud, mais le symptôme et les maux du corps le sont également. 

 

C'est une évidence dans nos rêves, ils parlent par symboles et demandent un décodage, une traduction pour le conscient. 

C'est que notre inconscient fonctionne ainsi. 

Vous comprendrez en jetant un oeil sur l'article qui suit, qui si certains parlent de rêves prémonitoires ou autres, et si vous avez bien suivit le cheminement explicatif de ma démonstration dans (Qui suis-je ?) alors vous comprendrez que notre inconscient est tout simplement une autre dimension de notre être qui fonctionne par symbole mais qui est aussi relié au grand tout, aux autres, à la nature, à nos origines, à notre propre nature. Et celui qui s'ouvre à lui, s'ouvre à des ressources fort précieuses. Voir le lien ci dessous avant de poursuivre : 

Voir aussi : 

Les rêves qui nous guident ou nous révèlent des connaissances

laisses-toi-guider-par-tes-reves-retrouve-confiance-en-ton-intuition

l'imagination-active-procede-jungien

 

Le processus de symbolisation en psychologie est considéré comme une progression vers la capacité de se penser, de penser les autres, de penser ses expériences... En fait, je considère que la symbolisation est innée et inhérente à l'inconscient, ce sont les liaisons entre inconscient et conscient qui doivent se mettre en place durant le développement ou l'expressivité de cette symbolisation et le sens qu'on va lui attribuer, comment on va la gérer à mon sens.

 

Mais il y a néanmoins une base d'émergence de sens symbolique qui se développe au file de notre évolution personnelle, je vous soumet donc le cheminement tel qu'il est présenté en terme psychanalytique.  

 

 

« Histoire de l’accès au symbolique »

 

Si au début de sa vie, le nourrisson est totalement dépendant (sans en avoir conscience) de sa mère, il va progressivement, dans sa relation à celle-ci, être confronter à deux modes : la présence et l’absence de sa mère.

 

Elle deviendra alors source de plaisir par sa présence, et source de déplaisir par son absence.

 

Selon l'approche psychanalytique, c’est sur ce rythme de présence ou d’absence de la mère que va s’introduire l’ordre symbolique qui consiste, avant tout, à pouvoir se représenter un objet dans son absence, qui fait que, au delà de l’objet réel, une autre dimension et d’autres possibilités de rapports, de pensées surviennent...

 

Dans l’absence, la mère va peu à peu être perçue comme un objet symbolique, alors que dans les premiers jours de la vie de l’enfant, la mère est un objet qui ne vaut que par sa présence.

 

Si dans un premier temps, le nourrisson, assailli par une tension interne (dictée au début par la faim...), criera et que sa mère viendra le nourrir, croyant ainsi que c’est lui qui aura fait apparaître sa mère (dans une illusion de s’être donné sa propre satisfaction, dans une “pensée magique”), petit à petit, cette mère, commençant à réinvestir son monde, sera amenée à différer ses réponses...

 

Cette situation spécifique que D. W. WINNICOTT nomme de “suffisamment bonne” 3 amènera cette mère à contenir la rage de son bébé (rage issue d’une satisfaction différée), et permettra à celui-ci de faire progressivement l’expérience, ayant survécu à cette rage, de l’existence d’un monde extérieur (sa mère) différent de son vécu interne.

 

Ainsi, l’enfant pourra réaliser que sa satisfaction dépend de quelqu’un d’autre, sa mère (constatant alors sa dépendance).

 

Il vivra momentanément une blessure inéluctable mais essentielle, marquant sa “non toute-puissance”.

 

Et cette blessure s’atténuera, peu à peu, “par sa nouvelle capacité de ”se représenter” sa mère à l’intérieur de lui, de se souvenir d’une bonne expérience avec elle, lorsque la satisfaction tardera”. 

 

C’est l’entrée dans la symbolisation pour l’enfant, et la mère en lui répondant de cette façon “suffisamment bonne”, se trouvera dans une dynamique de gratification, mais aussi de frustration essentielle dans cet accès au symbolique. L'enfant, souvent, comble l'absence de sa mère par une représentation symbolique, le doudou ! Que Winnicott nommera "l'objet transitionnel". 

 

L’expérience que l’enfant va faire de la présence et de l’absence de sa mère va l’amener à une expérience d’une vie créative (créer, réfléchir, imaginer...).

 

“La capacité à se représenter l’autre en son absence provoquera la capacité de penser, de s’extraire du monde concret pour s’imaginer et réussir à transformer l’expérience douloureuse afin d’en faire sens”.

 

La mère participera ensuite à l’intégration de la symbolisation par l’enfant, en “signifiant ” 6 pour lui ce qu’il vivra : “tu as faim, tu as froid...”

 

Cette faculté, une fois acquise par l’enfant, lui permettra de faire face aux difficultés que la vie lui réserve, d’en faire sens pour les intégrer…

 

Elle sera ainsi le socle de la progression au plan intellectuel, permettant “l’image mentale, l’imitation différée, le jeu symbolique, le langage, le dessin...”.

 

L’enfant qui n’aura pu faire l’expérience d’un “délai de réponse suffisamment bon” (pas trop frustrant) de sa mère, ou celui qui aura subi une altération du fait d’une absence trop longue de la fonction maternelle (déprivation ) aura de grandes difficultés à acquérir cette capacité de symbolisation, “la capacité d’être seul” un autre concept de Winnicott .

 

Aussi, “la différence dedans-dehors n’étant pas acquise, il lui sera difficile de contenir ses émotions et même de les sentir...”. Ce qui va impliquer chez certains enfants des troubles importants du comportement, qui laissent des traces dans la vie adulte puisque l'enfant que l'on a été, que certains nome "l'enfant intérieur" est toujours présent en nous. 

 

Au delà d’une inadéquation profonde entre les besoins de l’enfant et la réponse de sa mère dans leurs premières expériences relationnelles, la capacité de symbolisation acquise par d’autres enfants pourra être altérée par des traumatismes, des expériences néfastes répétées, un environnement déstructurant, des vécus d’échecs dévalorisants (...) bloquant momentanément leurs fonctions de pensée, les inscrivant, pour beaucoup d’entre eux, “hors du sens”, dans l’incapacité à dépasser des souffrances internes, rejouant, empruntant les mêmes chemins douloureux, répétant les mêmes symptômes... Le symptôme ayant toujours un sens symbolique. Une expression manifeste d'une douleur inconsciente. 

 

La représentation du mot (qui lie la verbalisation avec la prise de conscience), les repérages spatio-temporels et le contrôle des émotions pourront alors être attaqués, causant ainsi peut-être des troubles du comportements, du développement intellectuel, fragilisant le Moi en formation, tout en sachant qu'une situation conflictuelle, aussi pathogène qu’elle puisse être, ne crée pas un arrêt dans le développement, mais un infléchissement ou une perturbation de ce celui-ci .

  

C’est peut-être dans un environnement maternant “suffisamment bon” que l'on peut se reconnaître, s’individuer, pour symboliser et sublimer...

 

Bien des personnes ont des problèmes avec le cadre, les institutions, les administrations, il faut savoir, que symboliquement le cadre représente une fonction paternelle, la source du conflit interne remonte à la phase de l’œdipe vers 6 ans,  au moment de l’édification du Surmoi, du détachement maternel pour s'ouvrir au monde extérieur et à la symbolisation... Il faudra accepter la contrainte et la frustration du cadre afin d'accepter d'autres désirs. 

 

“Les premiers temps de la fabrique du symbole sont soutenus par la fonction paternelle comme matrice du symbolique” .

 

Aider à prendre conscience de ses répétitions et à “mettre en mots”

 

Un travail important autour de la parole doit se mettre en place tant que possible.

 

Les troubles du comportement peuvent être définis comme des moyens inadaptés à des expressions non élaborées.

 

L’accompagnement, en même temps que d’amener progressivement à prendre conscience de ses répétitions et de ses difficultés propres, doit aussi se faire par une aide d’élaboration des sentiments, une aide à l’extériorisation, à la verbalisation.

 

Aider à dire autrement peut permettre de vivre des expériences positives sur lesquelles la personne peut se reconstruire. Mais aussi, aider la personne à EXPRIMER ses soucis, ses angoisses, ses questions, c’est sans aucun doute l’aider à extérioriser, à apaiser les tensions internes, à apprendre à parler au lieu de CONTENIR ou bien d’AGIR ou encore exprimer ou imprimer dans le corps, par les MAUX du corps...

 

En extériorisant progressivement par des mots, ou toute autre approche symbolique (mise en scène, dessin, peinture , modelage, expression corporelle) ce que la personne éprouve, elle prendra de plus en plus conscience de son monde intérieur, de ses expériences antérieures, de ses expériences nouvelles...

 

Il peut alors lui être possible de contrôler, peu à peu, son comportement, ses décharges, d’établir des liens, de repenser en terme d’expériences sur lesquelles il pourra se construire...

 

René ROUSSILLON écrit que si la répétition traduit l’échec de symbolisation, “la contrainte de répétition pourra être signifiée comme le mouvement même de celle-ci qui pousse toujours à reprendre pour la poursuivre, le travail de symbolisation et d’appropriation de la part d’inconnu qui le constitue...”, la personne en carence de symbolisation rechercherait alors, peut-être, intrinsèquement, malgré ses échecs, ses troubles, ses traumatismes (...) le moyen d’avancer...

 

WINNICOTT parle de la “ tendance antisociale” comme “la manifestation d’un signe d’espoir” de l’enfant en direction de son environnement…

 

Voilà peut-être une motivation supplémentaire à accompagner ces personnes souffrent, dépriment , se replient ou bien se rebellent, ou ne se laissent pas faire... ) face à l’échec, la désillusion, les paradoxes, tout en “reconnaissant les zones d’inconnus sans plaquer à l’avance des réponses toutes faites..”, car “du symptôme aux symboles tel est le chemin qui balise l’accompagnement ...” .

 

Peut-être est-ce alors, l’objet profond d’un accompagnement, que de les aider à voir, à dire leurs répétitions, dans une aide à la restructuration d’un “Moi abîmé”, , sans jugement, sans critique dévalorisante, dans un soutien de mots pour commencer à pouvoir penser aux problèmes qui semblaient les dépasser et les enfermer dans les mêmes fonctionnements, peut-être comprendre ce qui se jouait en eux, avec et autour d’eux ...

 

Bibliographie

- “Le travail d’éducateur spécialisé” - Joseph ROUZEL - Dunod - Paris 2000

-   “De la pédiatrie à la psychanalyse” - Donald Woods WINNICOTT - Éditions Payot 1969 Paris

Notion de “Good enough” , ‘bonne mère” ou “mère suffisamment bonne” de D. W. WINNICOTT - “De la pédiatrie à la psychanalyse” - Payot 1969 : Winnicott précise que “la mère suffisamment bonne est celle qui intervient à bon escient...” Trop tôt, elle empêche l’enfant de construire ses représentations et son élan vers les autres, trop tard, elle le laisse succomber au désespoir. A bon escient, l’enfant s’ouvre au monde extérieur et se construit...

-  “Soigner son âme” - Marie-Andrée LINTEAU - Le Bulletin VIE-A-VIE / Bibliothèque nationale du Québec - Vol. 15 N° 4 -2003

-  Ce qui sert à le représenter - notion de J. Lacan - “La psychologie de l’enfant” - Les essentiels Milan  Toulouse 1997

- “La psychologie de l’enfant” - Les essentiels Milan - Toulouse 1997

    Perte brutale des soins

-           “Le plaisir et la répétition - Théorie du processus psychique” - René ROUSSILLON - Dunod - Paris 2001

 

-          “L’image inconsciente du corps” - Françoise DOLTO - Éditions Seuil - Paris 1992

 

-           “Un lieu où renaître” - Bruno BETTELHEIM - Éditions Robert Laffont - Paris 1975

 

-           “De l’éphémère à la durée dans l’accompagnement de la souffrance” - Édouard RAVON - Acte du colloque du M.A.I.S 1990

 

-           - “J’ai mal à ma mère” - Editions Fleurus Psychopédagogie - Paris 1993

Autre doc PDF :

http://psycho.univ-lyon2.fr/sites/psycho/IMG/pdf/doc-226.pdf

 

 Voir aussi :  Sens et symbole



10/08/2014
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