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Éloge d'un ego apprivoisé

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Essayons de définir et comprendre l’’ego afin de mieux le gérer.

 

Il peut être perçu comme une mauvaise part de nous-même, fierté déplacée, confiance en soi excessive, absence de doutes et de remises en cause,  parfois un petit démon c’est vrai, qui nous pousse à ne pas nous contenter de nos succès de ce que l’on a, à vouloir aller toujours plus loin, parfois trop loin.

L’Homme est souvent poussé par l’envie, un besoin de posséder ce qu’il n’a pas ou d’obtenir ce qui lui semble inatteignable.

L’envie a très mauvaise réputation elle aussi.  Pourtant, elle n’est pas illégitime.

Chez les enfants, les émotions primaires s’expriment de façon plus flagrante, mais une fois ce schéma en tête, vous verrez que l’on peut facilement retrouver des équivalences dans le monde adulte.

Prenons l’exemple d’un petit garçon qui exhibe un magnifique jouet devant ses camarades.

« Hoooo la chance ! » Les enfants s’extasient devant ce jouet qui leur fait envie, qui les attire ! Ils ont tous envie de l’essayer ou de l’avoir !

Quelles stratégies à leur disposition ?

Se rapprocher de l’enfant, pour profiter du jouet avec lui. Oui, mais, il y a beaucoup d’enfants, la concurrence est rude pour de faire une place… Les plus sociables, le plus attrayants y parviendront.

Et les autres ?

Certains déploieront des trésors d’ingéniosité et de créativité pour parvenir à obtenir le même jouet, ou un autre, tout aussi attrayant, voire mieux, pour rivaliser…

Celui qui ne se sent pas capable, ou y voit des obstacles insurmontables, ni de se rapprocher de l’enfant, ni d’obtenir l’équivalent peut alors se sentir envahi par la haine, et vouloir priver tous les enfants de ce jouet dont lui –même est frustré.  Le voler  pour en jouir tout seul, ou encore, pire, le détruire afin que personne n’en profite ! Une forme d’égalité par le bas on pourrait dire.

On voit bien ici que l’envie, sentiment jugé mauvais, est finalement naturel, humain, et que c’est plutôt la façon de le gérer qui compte. L’envie peut s’avérer constructive, nous motiver à la socialisation et ou à la créativité, ou nous pousser à la destruction.

Il en est de même pour l’égo, la colère ou toute inclinaison jugée négative en première instance.

Condamner tous mauvais sentiments serait comme jeter le bébé avec l’eau du bain… Ou encore regarder la vie, la nature avec un prisme qui occulte tout ce qui ne nous arrange pas, ne voir que le bon et se croire tout blanc soi-même, n’est-ce pas la manifestation de l’ego ? « Moi je ».

Egocentriste, nous le sommes tous au départ. C’est le propre du petit enfant. Il se veut le centre de toutes les attentions. Le centre du monde c’est lui, et d’ailleurs souvent, il l’est pour ses parents.

Il ne supporte pas d’être frustré, ignoré, ne pas passer en priorité. Son entourage va progressivement lui apprendre à se « décentrer » tolérer la frustration, à prendre les autres en considération. Puis, plus tard, s’il progresse, il sera même capable d’empathie, puis de compassion et éprouver du plaisir à se sacrifier parfois pour les autres, et faire passer leurs intérêts avant les siens. Qualité indispensable pour être parent à son tour…   

On qualifie parfois certains adultes d‘égoïstes. Mais en fait, n’est-ce pas plutôt un manque de maturité ? N’auraient-ils pas refusé de grandir ?

Une question de dosage et d’équilibre, de gestion dans tout cela, vous l’aurez compris.

 C’est un fait universellement accepté, la perfection n’est pas de ce monde.

Nous avons tous des limites, des failles et les ignorer, c’est quelque part s’empêcher d’être heureux. Laisser des conflits incessants s’opérer en nous.

Ce que je vous propose donc à travers cet article, n’est pas tirer à vue sur votre ego ou celui des autres, mais de déceler  les indices d’un ego néfaste ou trop prononcé, afin de pouvoir en en conscience agir sur ses manifestations comportementales. Le laisser s’exprimer, sans le laisser dominer, faire la paix avec lui et vivre en bonne entente.

L’ Ego et soif de reconnaissance

L’ego, c’est cette force qui nous pousse à vouloir briller, être simplement compris, ou reconnu, ou encore admiré, voir adulé ou vénéré, là nous sommes passé dans la catégorie des gourous.

Nous voyons bien ici toute la gradation. Situez-vous sur cette échelle.

Chercher à s’accomplir est naturel, et bien entendu le regard des autres est notre repère. Mais nous ne devons pas en être totalement dépendants.

Il est nécessaire bien entendu de bien se connaître afin d’être en mesure de déterminer ce qui est soi et ce qui est image de soi, ou idéal de soi. Afin de ne pas s’attacher avant tout à satisfaire à une image de soi, ce que l’on voudrait être, cet enfant parfait qui eut été digne de l’amour de ses parents et qui cherche adulte à le prouver à tous. Ou encore s’attacher à un standard véhiculé par les média, et chercher à provoquer l’admiration du plus grand nombre en reniant nos propres besoins.

Se connaître, c’est aussi connaitre son histoire et les failles narcissiques qu’elle a pu engendrée. Un enfant rejeté aura toujours un besoin accru de reconnaissance. En être conscient et l’accepter, c’est mieux le gérer.  La connaissance de soi apporte  l’apaisement, la compassion pour soi et pour les autres,  la capacité à assumer la responsabilité de ses actions ou à avoir le courage d’être la personne qui se cache en nous, en dépit des apparences.

Le plus paradoxal, c’est que cette logique va à l’encontre de l’idée d’affirmation personnelle et de la construction d’une identité libérée des jugements d’autrui.

L’ego n’est pas forcément un frein à l’épanouissement personnel. Tout peut être frein ou moteur, tout dépend de comment on le gère.

 

L’ ego peut nous conduire à  refuser nos limites personnelles, par la fierté exacerbée, l’orgueil,  peut nous amener à refuser d’admettre notre propre faiblesse, de nous mettre en situation embarrassante ou bien  et à s’interdire de demander de l’aide. L’impossibilité de reconnaitre sa faiblesse, vécue comme une infériorité, pourtant, nous en avons tous, on le sait, mais il semblerait que cela n’empêche pas ce genre de comportement. Pourquoi s’imaginer que les autres sont mieuex ou plus fort que soi justement alors que c’est l’ego qui veut démontrer que nous ne sommes pas faillibles…… Ne devrait-on pas y voir de la solidarité, de la coopération au lieu d’avoir l’impression de se positionner sous la domination d’autrui en demandant de l’aide ?

Parfois, c’est le refus de partager le crédit d’une réalisation. Ou vouloir garder l’exclusivité. Avoir la première place.

Un peu ridicule quand on pense que nous vivons dans un monde fait d’interactions et que des notions comme le partage ou le rapprochement intellectuel sont des facteurs favorisant l’apparition du bonheur, non ?

L’explication de ce refus de recourir à autrui pour bénéficier d’une quelconque aide réside dans la volonté de succès personnel, mais augmente de fait les chances de voir l’échec se matérialiser.

Et si ce dernier doit être relativisé, puisque le cheminement est plus enrichissant que le bénéfice en lui-même, il est à parier que votre ego vous fera penser le contraire.

L’ego a l’esprit de compétition plus que de la coopération. L’esprit de compétition est d’ailleurs l’une des plus visibles des manifestations d’un ego qui pousse au toujours mieux, à se comparer aux autres et à considérer la vie comme une gigantesque épreuve sportive de laquelle il faudrait sortir vainqueur. L’ego veut être le meilleur et le prouver.  L’ego n’aime pas la concurrence. Cette soif de toujours plus et toujours mieux entretient une insatisfaction chronique.  Le bonheur, on pense toujours l’atteindre quand on aura réussi ceci ou cela. Quand on aura pris sa revanche sur ceci ou cela… Il y aura toujours quelqu’un de meilleur et de pire. C’est aussi simple que cela.

Regardez un peu la logique du monde capitalisme, le challenge et la fixation d’objectifs toujours plus élevés en est la règle ne peut être profitable sur le long terme.

Les occidentaux n’auraient-il pas développé un ego surdimensionné a se croire les plus fort du monde ? Ne sommes-nous pas des enfants gâtés à vouloir toujours plus, à ne pas supporter d’avoir moins de choix, de consommer ce dont nous avons besoin et non pas 10 fois plus ? Regardez en arrière et comparez. Avons-nous vraiment besoin de 2 voitures, X téléphones, 3 TV, 10 jeans et 15 paires de chaussures ?

 L’ego a également besoin de toujours avoir raison, il a du mal à se remettre en cause. Le manque de réalisme et cette volonté de faire mieux que les autres amènent à ne pas considérer comme possible le fait d’avoir tort et non seulement refuser de faire marche arrière mais s’entêter jusqu’à s’enliser complétement. N’est-ce pas là encore ce le propre de notre société libérale ?

Milton Friedman est connu pour avoir affirmé qu’afin de laisser s’épanouir le capitalisme, l’Etat devrait se retirer de toute activité économique excepté « l’armée, la justice et les principales voies de transport. Les arguments mis en avant étaient que le chef d’entreprise est plus à même de savoir quel type d’investissement lui permettra de satisfaire au mieux ses clients, les consommateurs… En partant du principe que tous les acteurs cherchent les meilleures opportunités ils entrainent un dynamisme économique qui tendrait forcément vers la prospérité surtout à travers le libre échange pour assurer un maximum de prospérité dans le monde. Aucune restriction étatique en ce sens pour les défenseurs du capitalisme libéral. Il appartient à chaque pays de faire le meilleur usage de ses avantages concurrentiels. La loi du meilleur et de la compétition donc. L’état se contente d’être le veilleur au maintien de l’ordre, de la défense, récolter les impôts et les taxes. Le libéralisme et la propriété individuelle sont considérés comme la liberté pour tout et auront pour résultat une prospérité maximale et méritocratique, la loi du plus fort et du plus malin.

« Il est nécessaire en 1ier lieu que toutes les parties sur le marché soient libres d’acheter quel que soit (…) et que chacun soit libre de produire, vendre et acheter toute marchandise quelle qu’elle soit ». Friedrich Von Hayek

A l’opposé Marx affirmait qu’un tel système laisse la porte ouverte à l’exploitation des masses pour le bénéfice d’une minorité. Si l’on observe les inégalités et la pauvreté croissante dans le monde, la consommation croissante des pays riches et l’exploitation massive des ressources qui en résulte ;

Alors forcément, devant l’ampleur du désastre actuel, pensez-vous que celui dont l’ego est le plus gros, sera capable d’admettre qu’il s’est planté et revenir en arrière ? Ne revendiquerait-il pas au contraire, encore plus de libéralisme pour essayer de démontrer que si, ça va marcher ?

 soit les marchés ne sont pas encore assez libres ! Ou alors c’est Marx qui avait raison ! ?

 

L’ego participe activement à nous conduire à devenir une personnalité au caractère toxique pour notre environnement. Cela peut les amener à aller loin, notamment grâce au développement d’un certain opportunisme.

Ne pas être capable de reconnaître ses faux pas, c’est s’interdire d’évoluer, de tirer les conséquences de ses échecs et se refuser la capacité d’analyser ses progrès au quotidien. C’est en fait s’enfermer dans une subjectivité destructrice. L’égocentrisme peut aussi conduire à penser que le monde entier vous en veut et à ne pas reconnaître le tort que vous causez tout autour de vous.

Une prise de conscience et une bonne connaissance de soi favorise toujours l’objectivité, mais gardons à l’esprit néanmoins que nous ne sommes jamais 100 % objectif. Chacun voit forcément midi à sa porte, selon sa personnalité, son histoire, son expérience, le milieu dans lequel il a baigné, ses valeurs, ses croyances. Autant de prismes qui colorent ce que nous voyons.  

Un dernier point,  l’ego ne peut admettre qu’en tant qu’être humain nous ne rien. Ou si peu de chose, l’ego veut se sentir puissant, il veut penser qu’il est divin, ou qu’il peut, d’une façon ou d’une autre changer le court des choses. De son destin, celui des autres, celui de la planète ! Il aime penser que son intention ou ses bonnes ondes vont tout transformer, il aime l’idée de la pensée magique qui le rend tout puissant tel un dieu. Mieux vaut penser que nous sommes des petit microbes, poussières insignifiante de l’univers infini ? Certes non. Autorisons-nous à croire que nous sommes puissants, car il est fort probable que nos croyances déterminent nos actions et que nous ayons alors un réel pouvoir sur notre vie tout au moins et sans doute sur celles de quelques autres. Mais ne soyons pas dupe de nous-mêmes pour autant, ne condamnons pas l’ego qui nous sert à surévaluer notre valeur ! Et du coup, l’élever aussi. Ce que je vaux, je le décide !

Donc pas de faux semblant, inutile de déclarer la guerre à l’ego d’un côté tandis que l’on se pense investit de divin et de pouvoir de faire le bien….. Soyons cohérent je vous prie.

 

Beaucoup d’approches spirituelles parlent de dépasser l’ego.

 

Mais il est souvent oublié que l’ego est lié a besoin de se sentir puissant, important, d'avoir du contrôle, de l'influence, l’ego ne supporte pas de se sentir impuissant, de se sentir rien ou si peu.

Déjà en adhérant à une quelconque croyance qui laisse penser que nous avons un pouvoir, ne serait-ce même que faire le bien en ressentant l’amour, nous sommes dans l’illusion du contrôle, de la toute puissance et nous sommes dans l’ego. Alors ne le condamnez donc pas complètement, comme s’il était l’ennemie psychique numéro un. Ne le maltraitez pas. Apprivoisez le, donnez lui un petit nom. Une femme écrivain le nommait « ma déesse intérieure » j’ai beaucoup aimé.

 On se croit au-delà de l’ego à ne jurer que par l’amour comme valeur absolue. Pourtant,  rejeter la part jugée mauvaise en soi et les émotions associées telle que la colère et la haine n’est pas prompte à l’équilibre. En ce monde l’équilibre n’est possible que dans l’acceptation de la dualité des forces. Le jour n’a de sens que par la nuit, comme la vie n’a de sens que pas la mort. On ne peut nier la mort et la nuit, ni l’ombre. Mais on peut apprendre à faire avec ; Les gérer. Apprivoiser le dragon intérieur au lieu de le tuer ou le mettre en cage, pour en faire notre allier. L’Idéal du Moi désigne les valeurs positives auxquelles aspire le sujet, et qui est liée au narcissisme. Narcissisme jugé pourtant mauvais lui aussi. Pourtant il en faut bien une part pour l’estime de Soi. De même que l’ego, il est utile aussi, tout est utile tant que toutes les parties jouent un rôle équilibré avec le tout sans prendre le dessus !!!! C’est bien joli de pointer la haine, le narcissisme, la colère, ou l’ego de l’autre quand on dénie les siens, car personne, absolument personne n’y échappe. Le Moi idéal, comme le reste prend naissance durant l’enfance, sur le narcissisme infantile. Il fait partie du Moi. Le Moi des gens est souvent clivé en différentes parties parce qu’elles sont en conflit avec les parties en eux qu’ils rejettent et condamnent, ne les assument pas, les refoulent, les dénient,  ou les projettent chez les autres.  L’Idéal du Moi est utile, il est garant de nos valeurs, encore faut il ne pas mettre la barre trop haut sans quoi rien n’est jamais à la hauteur, et accepter la part des émotions négatives, parvenir à les intégrer sans mettre en péril nos valeurs les plus investies. Certains n’ont pas de  valeurs et n’écoutent que la haine ou la colère, c’est  un fait. Mais si on juge quelqu’un de mauvais sous prétexte que par moment il exprime haine ou colère, c’est jeter le bébé avec l’eau du bain ! C’est manichéen et immature car l'idéal du moi se distingue du surmoi en ce que le surmoi est une instance purement critique, c’est l’interdit des parents, de l’éducation, de la culture. La censure interne, l’intégration des interdits.  

Si on n’exprime pas les mauvais sentiments, on peut les tourner contre soi-même. Cela commence durant l’enfance, par peur de perdre l'amour des parents.

Là où le surmoi juge pour condamner, l'Idéal du Moi, présente un modèle d'identification : cette instance cherche la satisfaction éprouvée face à la représentation conforme aux représentations investies comme positives, bonnes, bien. Mais c’est une vue de l’esprit.

Lorsque l’on parvient à sentir ce qui est bon ou bien, plutôt que juger, la, oui, on fait appel a notre conscience et non à la morale. La morale est artificiel, la conscience est naturelle et innée.

Ainsi inutile de fuir les émotions négatives comme si elles allaient vous polluer. Vous ne vous évitez ainsi aucun désagrément. Il faut les lasser nous traverser, elles ne font que passer, ou les exprimer de façon sublimée, l’humour en est une, une façon socialement admise de se dire des vacheries. Et en plus, ça fait rire.

On peut sublimer dans des activités, se défouler dans sport, dans la création, l’écriture, le psycho drame, l'humour…… Le symbole….. Mais regardez les en face. Ces émotions peuvent vous inspirer le meilleur ! Parfois de belles fleurs poussent dans la boue ou le fumier.

Le bien et le mal ne sont pas des grandeurs parfaitement opposées l'une à l'autre ; le bien souvent accouche du mal et la capacité de voir le mal en face est ce qui nous ouvre la capacité d'un bien relatif.  André Glucksmann

 

Il est temps de négocier avec notre ego et se repositionner, à l'échelle individuelle et collective car 

l'enjeu n'est pas seulement individuel...... Il semble que l'avenir de l'humanité en dépend, l'air de rien.... 

 

 Sophie BS le 02 / 05 / 14

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02/05/2014
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