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La faute au striatum ?

 

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A la jonction du cerveau et de la moelle épinière, se trouve une structure nerveuse subcorticale (sous le cortex) : le striatum (ou neostriatum).

Il gère des fonctions essentielles à la survie : manger, se reproduire, dominer, chercher les comportements les plus économes en énergie, etc… Il s’agit d’un module très ancien à l’échelle de l’évolution des êtres vivants, qui pendant très longtemps était la première et seule structure composant notre cerveau.

Il est impliqué dans le mouvement volontaire, la motivation alimentaire ou sexuelle, la gestion de la douleur (via le système dopaminergique), la cicatrisation voire la régénérescence de certains tissus cérébraux, dans le mouvement volontaire ou automatique, dans les comportements appétitifs ou aversifs.

Il est relié aux maladies de Parkinson et de Huntington ainsi qu'au phénomène d'addiction. En effet, la maladie de Parkinson est caractérisée notamment par un déficit en dopamine.

 

Il semblerait, à l’échelle humaine et en particulier dans les pays industrialisés, que notre striatum s’emballe et si, à la base, sa fonction nous poussait à la survie, dans la recherche de sexe, de nourriture etc, on peut se demander si dans un système d’abondance, il n’est pas en train de nous conduire à notre perte !

 

Toujours plus de nourriture, de sexe, de gratifications immédiate, d’informations, de connaissances, de prestige sociale, et de confort ! Même si cela doit flinguer la planète et même si nous consommons toujours un peu plus que les ressources terrestres annuelles chaque annee, quasiment tous les striatums de tous les humains sont en compétition pour TOUJOURS PLUS, même si nous pourrions tous en crever !!!

 

Vous aurez peut-être remarqué que la capacité de concentration réduit depuis une décennie.

Une récente étude confirme que le temps moyen de concentration d’un individu de 18 ans devant une information digitale est de huit secondes en moyenne, soit 35% de moins que la génération précédente.

 

Ce résultat révèle également une difficulté croissante pour les nouvelles générations à différer la gratification. La satisfaction immédiate du plaisir est une impulsion naturelle chez l’enfant. Mûrir, devenir adulte, c’est être capable d’accepter un désagrément temporaire en vue d’une satisfaction différée quant au but. Mais consentir à se priver pour obtenir un bénéfice supérieur au terme de la privation, nécéssite de s’être fixé un objectif et d'être motivé à l'atteindre.

 

Le conflit Striatum et Cortex frontal peut facilement se rapprocher de la topique de Freud entre le « ça » (réserve pulsionnelle) lié au principe de plaisir et la satisfaction des besoins et plaisirs immédiats (principe sur lequel fonctionne l’enfant) et le « surmoi » principe de réalité, qui caractérise davantage la vie de l’adulte.

 

L’instance du MOI, parvient, en principe, à créer un compromis entre le « ça » et le « surmoi » et satisfaire les deux parties.

  

Chez un enfant de 6 ans, cette connexion entre les deux instances du cerveau, appelée faisceau frontostriatal en neurologie, est encore immature ; elle ne se renforcera que si ses parents l’encouragent et l’aident à ne pas céder à ses penchants pour les satisfactions  immédiates. En incitant, par exemple, à privilégier l’économie de son argent de poche en vue d’un achat planifié d'un objet plus important et plus cher, ou le long apprentissage d’un instrument ou d’un sport, en vue d’une maîtrise qui se révélera avec le temps.

 

Une immaturité généralisée ?

Le « tout, tout de suite » nous a depuis toujours aidés à survivre quand la nourriture était rare, façonnant la structure du cerveau humain, et nous conduisant à préférer les récompenses immédiates pour se maintenir en vie.

Seulement, il est nécessaire aujourd’hui, voir vital, de rectifier le tir.

De plus en plus, avec l’industrialisation, nous avons privilégié de consommer au jour le jour, sans prévoir un seul instant le futur.

Pourtant, la faculté d’anticipation, prévenir, est aussi apparu dans le développement du cerveau humain : le cortex frontal, lui, est capable d’élaborer des représentations mentales, de communiquer avec ses semblables et de planifier des actions dans le futur. Ce qui a par exemple permis l’invention de l’élevage et de l’agriculture, qui a remplacé la chasse de survie par exemple.

Le ready made et le jetable nous a donc dénaturés ou pervertis !

 

 

COURT TERME VS LONG TERME

Il est pourtant toujours possible pour certains d’entre nous de privilégier l’avenir à long terme au détriment de la tentation de l’instant présent, c’est ce qui permet, par exemple, à un étudiant de consacrer de longues années à étudier laborieusement plutôt que s’amuser, espérant décrocher un diplôme qui lui assurera un futur confortable plusieurs années après.

Nous sommes capables d’arbitrer entre des gratifications instantanées lorsque celles-ci nous sont disponibles, et des gratifications futures nécessitant du temps, de la réflexion, de l’effort ou de l’investissement.

 

UN CONFLIT PERMANENT ET EPUISANT

Seulement nous sommes confrontés à  l'arbitrage permanent entre notre striatum souhaitant céder à des pulsions de récompenses immédiates et notre cortex frontal, soucieux de demain et de l’avenir de nos enfants ! Ce qui représente à défaut d’une récompense future, une perspective rassurante ou non.  

 

De nombreux facteurs influencent la gestion de cet arbitrage et tout d’abord l’éducation.

Dans une société d’abondance, basée sur la tentation permanente, où les cookies sont là pour cibler vos « faiblesses », vos préférences, et vous tenter au plus près et en permanence, jusqu’à vous faire craquer ! Notre cerveau est tellement sollicité d’une part, mais aussi, conditionné à pouvoir consommer instantanément qu’il tolère difficilement de devoir attendre ou d’investir de son temps en vue d’une récompense ultérieure.

 

Que procure les achats compulsifs ?

De la DOPAMINE. A chaque fois que vous vous faites plaisir, vous recevez un shoot de dopamine. De la nourriture riche, du sexe, un achat, un compliment (ou un like), une stimulation interactive agréable, une curiosité assouvie, une clope, un verre… de la vienne les addictions, addiction au shoot de dopamine !  Le cerveau est accro aux gratifications instantanées, il est accro à la dopamine !

 Et oui, en récompense de la satisfaction de nos besoins (lié à la survie de l’espèce), le striatum nous envoie un supplément de dopamine. 

 

Ainsi, il est donc naturel que nous recherchions tous à augmenter ce type de récompenses en minimisant nos efforts pour y parvenir et ce de la façon la plus instantanée possible. A toutes les échelles, à tous les niveaux. Que ce soit les grands groupes qui veulent devenir toujours plus puissants, faire toujours plus de marge et de profits, fusse en rognant sur tout, en profitant des aides de l’état ou de l’optimisation fiscale, ou bien les plus démunis qui essaient de profiter des aides sociales, le striatum le leur commande parce qu'il veut toujours plus et moins même si cela provoque le pire !

 

 

Mais bien entendu, d’autres facteurs entrent en compte. Il est fort à parier que le « libéralisme » visant à libérer le commerce du maximum de contrainte, donne trop de poids au striatum au détriment du cortex. La spéculation, les automates qui font gagner des millions en un éclair au lieu d’attendre patiemment de faire fortune, ne peut manquer d’infantiliser le milieu financier !  L’appât du gain, à court terme, utiliser des outils informatiques, qui permettent de pousser un simple curseur pour voir les chiffres évoluer en directe sur un compteur…

Outre l’éducation, la politique d’une culture donnée, les conditions sociales jouent également un rôle important. En effet, les études ont démontré que les personnes plus impulsives, vulnérables aux achats impulsifs, aux drogues, ou rencontrant des problèmes sociaux ou professionnels avaient une plus faible résistance aux récompenses immédiateset  donc par conséquent une plus grande difficulté à investir et différer dans le temps une possible récompense, comme l’explique Rutger Bregman dans son fameux TED Talk « why do the poors make poor decisions ».

 

L’ÈRE DE LA GRATIFICATION PERMANENTE

En 2020 notre striatum est comblé. Le cortex humain invente sans cesse des outils ou procédés incroyables pour le contenter toujours plus vite.  De uber eats, en passant par les jeux video, les sites de rencontre type Tinder, facebook, youtube, netflix, amazon qui livre en 24h, les gif ou video porno pour jouir vite fait plutôt que perdre du temps à séduire et découvrir une personne, tout autant de services qui procurent à chacun des shoot quasi instantanés de dopamine, sans avoir à se soucier du temps qui passe. La fuite en avant garantie.

A chercher ce plaisir immédiat, on perd la fonction physiologique qui permet de renoncer à quelque plaisirs instantanés au profit d’une satisfaction différé et pas des moindre quand il est question de survie de l’humanité.

Nous sommes devenus impatients, et à l’image des muscles qui s’atrophient si nous ne les exerçons pas, nous rencontrons le même problème avec notre capacité de patience : plus la technologie nous propose des outils performants pour obtenir rapidement ce que nous désirons, moins nous développons nos capacités d’attente.

Nous nous tournons alors de plus en plus vers les services qui nous satisfont au plus vite, nous ne tolérons plus d’attendre pour un chargement de page, un épisode de notre série préférée, la lecture d’un livre pour comprendre une thématique, préférant les tutos ou la lecture des titres plutôt que lire l’intégralité d’un articles de presse, la fast information en continu à la TV, les aphorismes, les faits divers, les news  sensationnelle s et émotionnelles, toute information courte et percutante mais dénués de réflexion et d’analyse approfondie du monde qui nous entoure.

Équipés de cerveaux incontinents, nous sommes devenus incapables de réfléchir à l’avenir de notre monde, à la compréhension des problème sociaux qui nous concernent (précarité, répartition des richesses, effets dévastateurs de ce système d’abondance) notre lecture du monde devient pauvre, abêtie par le manque de temps que nous lui consacrons, trop envahis de superficiel.

Et l’abondance dans laquelle nous vivons n’est pas la seule à influencer ce comportement.

 

RÉFLÉCHIR C’EST INVESTIR

Comme l’explique très bien Walter Mischel, quand l’avenir est incertain, mieux vaut se saisir de ce qui se présente à nous, tant que nous en avons l’opportunité.

 

Le souci c’est que ce sentiment d’avenir incertain est devenu le fonds de commerce du monde moderne dans lequel nous vivons. La peur nous pousse sans aucun doute vers la fuite en avant  et l'anxiété nous pousse à rechercher des shoot de dopamine !

 

Alors que le taux de mortalité et d’accidents, n’a jamais été aussi bas, qu’il n’y a jamais eu aussi peu de conflits armés, que la santé et l'espérance de vie avaient fait de réels progrès, nous vivons cependant dans un climat constant d’anxiogénéité perpétré par un système politico médiatique qui martèle au quotidien une série d’informations ayant pour vocation de générer une angoisse de tous les instants (chômage, terrorisme, maladie, menaces géopolitiques…) et qui favorisent l’attrait du présent et la gratification instantanée. Un sentiment que les chaines d’information en continu et les réseaux sociaux ne sont venus que renforcer.

 

Nous sommes bien conscients que le système nous pousse dans le mauvais sens et nous ne savons plus comment y résister sauf, peut-être se couper de lui !

 

 

N’hésitez pas à commenter et prendre le temps de méditer sur le sujet …

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source partielle

 

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Comment notre cerveau nous pousse à détruire la planète et comment l'en empêcher ?

 

Plus qu’un moment critique nous vivons une véritable tragédie. Surpopulation, surpoids, surproduction, surconsommation, surchauffe, surendettement, nous avons basculé dans l’ère de tous les superlatifs qui mène l’humanité tout droit à sa perte. Si la capacité des ressources de la planète sont comptées, alors nos jours aussi le seront… Inéluctablement.
Mais alors que la situation empire heure après heure, aucune réponse collective tangible ne vient. Nous voyons le mur se rapprocher et nous ne faisons rien. La conscience de ce qui nous attend ne semble avoir aucun effet sur le cours des événements. Pourquoi ?
Sébastien Bohler docteur en neuroscience et rédacteur en chef du magazine _Cerveau et psycho _apporte sur la grande question du devenir contemporain un éclairage nouveau, dérangeant et original. Pour lui, le premier coupable à incriminer n’est pas l’avidité des hommes ou leur supposée méchanceté mais bien, de manière plus banalement physiologique, la constitution même de notre cerveau lui-même.

Au cœur de notre cerveau, un petit organe appelé striatum régit depuis l’apparition de l’espèce nos comportements.  Il a habitué le cerveau humain à poursuivre 5 objectifs qui ont pour but la survie de l’espèce : manger, se reproduire, acquérir du pouvoir, étendre son territoire, s’imposer face à autrui. Le problème est que le striatum est aux commandes d'un cerveau toujours plus performant (l’homme s‘est bien imposé comme le mammifère dominant de la planète) et  réclame toujours plus de récompenses pour son action. Tel un drogué, il ne peut discipliner sa tendance à l’excès. À aucun moment, il ne cherche à se limiter.
Hier notre cerveau était notre allié, il nous a fait triompher de la nature. Aujourd’hui il est en passe de devenir notre pire ennemi.  

Source  France Culture



13/12/2019
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