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Les enjeux de pouvoir et leurs effets sur la relation de couple

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Beaucoup de couples se sont séparés à la suite du confinement.

J'ai choisis d'aborder le sujet sous l'angle des enjeux de domination au sein du couple. 

 

La dominance ou la non dominance au sein de la relation de couple, n'est pas seulement du fait du choix personnel des partenaires. L'influence sociale et culturelle impactent grandement nos représentations et nos comportements, ainsi que l'interprétation que l'on a des agissements de l'autre et des autres. 

 

Je souligne en passant que le racisme, au fond, n'est pas tant le rejet de la couleur de peau, mais surtout le rejet de la différence, c'est le choc des cultures, des façons de voir et de faire qui créent un rejet. J'ai personnellement vécu expatriée et en restant fidèle à ma culture française (qui par chance est plutôt bien perçue) j'affirmais ma position d'étrangère dans le pays. Ainsi,  celui qui veut se fondre dans la masse, s'intégrer, et ne pas subir le rejet doit adopter les moeurs locales. 

Il en est de même au sein de son propre pays, la discrimination sociale, physique ou sexiste etc. On peut tout à fait ne pas se sentir en adéquation avec certaines moeurs de son milieu. Mais adopter des comportements différents ou penser différemment, c'est se heurter au regard social qui est une forme de diktat (qui fait penser à dictature, oui, oui) et vivre en opposition avec certains diktats sociaux implique l'exclusion, par le jugement en premier lieu. Plus on est dépendant du regard extérieur, plus on suivra docilement les diktats culturels et sociaux de son milieu. 

 

Einstein l'avait bien compris dans son livre "Comment je vois le monde" il écrivit : 

"Peu d'êtres sont capables d'exprimer posément une opinion différente des préjugés de leur milieu. La plupart des êtres sont même incapables d'arriver à formuler de telles opinions."

 

Il en est de même des comportements. 

 

Dans tous ces diktats, figure la dominance masculine qui est insidieusement imposées par une sociétés patriarcale.  Elle ne peut manquer d'impacter la relation de couple. Le simple fait que la femme gagne moins, même à poste égale, traduit la encore que le masculin doit l'importer sur le féminin et qu'il existe un sexe fort et un sexe faible. 

 

Pour autant, il existe des sous cultures, si la majorité des couples sont traditionnels il existe d'autres catégories et c'est le sujet d'étude de Blood et Wolfe

J'ai choisi de me focaliser sur l'une des catégories de couple décrites dans leur recherche : "Les associatifs", car c'est dans ce modèle de couple où la dominance masculine est la moins prégnante, voir inexistante, pour la moitié de l'échantillon étudié. Ce modèle représente pour moi un d'exemple de réussite possible en dépit des diktats culturels, mais vous pouvez consulter l'article qui relate des autres catégories de couple de cette étude :  Dominance et égalité dans les couples

Ce modèle de couple fonctionne en terme d'interdépendance basée sur la complémentarité, il pense en termes de création de leur propre monde, de refus des contraintes, d’autonomie individuelle.

Le couple peut être défini comme le lieu où deux sujets libres et différents tentent de vivre à la fois leur relation amoureuse et leur moi le plus profond. Entre le « nous » et le « je », l’équilibre n’est pas facile : il faut éviter la fusion, mais aussi la séparation totale qui rendrait l’union vide de sens. Comme l’écrit Théry, les partenaires forment : « Un duo, fait de deux corps, de deux esprits et de deux histoires qui apprennent à penser d’un même mouvement ce qui les lie et ce qui les divise » (1999, p. 142). La réussite de ce projet implique qu’ils poursuivent indéfiniment leur conversation au sens de Berger et Kellner (1964). et que chacun ait la capacité de « conquérir sa liberté » et « le désir de celle de l’autre » (Théry 1999, p. 14). Toute dépendance (affective, économique, psychologique) de l’un vis-à-vis de l’autre et tout rapport de pouvoir sont théoriquement bannis de cette conception de la « vie à deux ».  Dissemblables à des degrés variables selon les cas, les époux s’autorisent mutuellement à préserver leur identité propre et construisent leur couple à travers un incessant dialogue et des compromis réciproques.

 

Dans l'étude de Blood et Wolfe,  concernant cette catégorie de couple "associatif", il apparaît que le partage des tâches est réel, les maris n’attendent généralement pas que leur épouse les sollicite pour prendre des initiatives et certains sont de toute évidence légitimés à parler d’interchangeabilité. Une partie des hommes ont diminué leur temps de travail lors de la naissance des enfants et sont restés parfois à temps partiel. Les femmes ont conservé leur activité professionnelle, mais seule une minorité d’entre elles, il est vrai, l’exercent à plus de 50 %, mais la charge du foyer ne leur est pas implicitement imposée.  Les données citées plus haut indiquent toutefois qu’il serait erroné de conclure à une dominance masculine de ces écarts de taux d’occupation. Il ne faut en effet pas perdre de vue que la double carrière à plein temps n’est pas fréquente et difficile à gérer pour les femmes, pour lesquelles la charge mentale concernant les enfants, est toujours conséquente. On ne peut poser comme norme et condition sine qua non l’égalité, dans la mesure ou c'est la femme qui porte les enfants et qui se soucie davantage de leur bien-être en règle général (d'où la charge mentale supérieur et l'entrave à un investissement optimal dans la carrière pour bon nombre de femme).

Mais on peut se demander si cette implication supérieur au foyer est totalement naturelle ou surtout culturelle, on peut observer en éthologie que dans certaines espèces, le dévouement des deux parents est équivalent.  Il faut noter également que la part prise par les hommes concernés par cette catégorie de couple, aux tâches liées aux enfants et à l’entretien de la maison indique bien qu’ils ne considèrent pas le temps partiel de leur épouse comme un complément à ce qui serait sa vocation principale : le foyer. Dans un autre type de couple étudié par la même étude, nommé « compagnonnage », on observe au contraire une forme de pouvoir invisible.

 

Pour bien comprendre le haut niveau d’égalité atteint par ces conjoints, on ne peut faire abstraction, une fois encore, de leur conception du couple, de leurs idéaux et de leur lutte constante pour les atteindre, rien ne va jamais de soiC’est par leur travail sur eux-mêmes pour préserver leur identité et refuser la fusion, par leur ouverture et leur tolérance face à l’identité et la liberté de leur partenaire, par leur attachement à une définition de l’amour en termes de réciprocité que ces époux ont réussi à transformer leurs aspirations à l’autonomie et au vrai partenariat en une réalité vécue.

 

Il faut se demander néanmoins si cette conception égalitaire de la relation, brisant les traditionnelles assignations, n’implique pas que les hommes, mais surtout les femmes (car selon l'étude, dans cette catégorie, pour la moitié qui échoue c'est la que le bas blesse), possèdent des capitaux culturels qui leur permettent de prendre leurs distances avec les modèles culturels encore si prégnants. L'étude démontre en effet que seuls 50 % des couples dits 'associatifs" sont parvenus à cet équilibre et pour ceux qui réussissent à atteindre l'équilibre : les femmes de cette catégorie de couple atypique ont un avantage sur les autres : elles ont bénéficié d’une formation universitaire ou tout au moins d’une formation exigeant un baccalauréat. Elles exercent en outre des professions qui, pour diverses raisons, tendent à favoriser l’autonomie (indépendantes), la préservation de soi (travailleuses sociales et médicales ayant appris à éviter le burnout lié à un trop grand investissement personnel) ou encore l’ouverture à l’innovation (artistes).

Donc, l’autre moitié de cette catégorie n’a pas atteint l’égalité, cela tiendrait-il au fait qu'elles ont un statut social inférieur au conjoint ? Pas forcément. 

Le plus souvent, l’homme domine, mais c’est aussi parfois la femme. L’asymétrie se manifeste par une plus grande indépendance d’esprit (jardin secret, choix autonomes, décisions unilatérales) et de comportements (fréquentes absences du foyer notamment, de la part de la personne qui "impose". L’autre partenaire subit ainsi une dissociation de la vie conjugale — et familiale — qui lui pose problème et peut être source de souffrances. Elle (il) aspire en effet à davantage de partage et ne sait pas toujours que faire de cette « liberté » qui lui échoit par ricochet. Mais elle (car il s’agit toujours de femmes dans ce dernier cas), peut également se retrouver seule pour résoudre tous les problèmes de la vie domestique et des enfants.

Parfois cette liberté pourrait être mise à profit et savourée, si la confiance était un pilier solide, car malheureusement, le grand obstacle égalitaire est la liberté sexuelle masculine implicitement davantage toléré culturellement dans une culture phallocentrée ou l'homme est conduit à se rassurer sur sa virilité à travers la rigidité de son membre. 

 

 

Outre l'infidélité, un des principaux facteurs de conflit au sein du couple : la répartition des tâches est au centre des conflits !

Seulement 23 % des couples français sont égalitaire dans ce domains selon la  dernière enquête de l’Ifop, seulement 4% des couples ou c'est l'homme qui en fait plus selon cette même étude. En plus des tâches ménagères, les prises en charge sont également très "genrées", s'ils les hommes ne rechignent pas trop à faire les courses (83%), la vaisselle (85%), sortir les poubelles (91%) ou cuisiner (73 %), et ils sont nettement moins actifs sur le plan du ménage, du linge, du nettoyage des sanitaires en particulier. Et l'étude a fait un lien intéressant entre 

La répartition des tâches ménagères et la satisfaction sexuelle : Les femmes qui déclarent être moins satisfaites de leur relation d’un point de vue sexuel ou sentimental font plus de tâches ménagères que leur conjoint.

François Kraus explique ce constat de la façon suivante : « Moins il y a d’égalité dans la répartition des tâches ménagères, plus les femmes sont insatisfaites à l’égard de leur vie sentimentale et sexuelle. Elles interprètent, à raison, l’absence de rôle domestique comme un signe d’irrespect ou de délaissement de la part de leur conjoint. Cette absence joue également un rôle dans le plaisir sexuel, puisque une répartition inégale des tâches ménagères est particulièrement marquée auprès des femmes qui se plaignent du manque d’attention de leur conjoint à leur plaisir ».  Source 

 

Un homme à donc tout intérêt à satisfaire "domestiquement" sa partenaire, pour préserver la vie sexuelle du couple, à priori, SAUF éventuellement, si cela lui sert d'alibi pour aller se satisfaire ailleurs. Après tout, l'excuse préféré des hommes adultères, est que leur femme ne les satisfait pas au lit, ils ne cherchent pas à se remettre en question à savoir si eux-mêmes satisfont leurs femmes.... 

 

Concernant les tâches ménagères, il m'est arrivée de mettre le sujet sur la table, et je me voyais aussitôt rayée, la majorité s'accorde à dire que les temps ont changé ! ET POURTANT, les statistiques attestent que le partage des tâches est au point mort, il ne progresse pas au file des années. 80 % des femmes font la cuisine ou le ménage au moins une heure chaque jour, contre 36 % des hommes.

 (Les chiffres sur les femmes battues, tuées par leurs compagnons ou violées n'évoluent guère non plus... donc pourquoi ce dénie concernant le peu dévolution constaté ???) 

 

Un excellent petit exposé de quelques minute lors d'une  intervention sur France Inter sur ce lien, je vous le conseille vivement. "La charge mentale de Mme Poire" : La femme marié, cadre, avec plusieurs enfants, qui gère son quotidien, boulot prenant, courses, repas, machine à laver, ranger le linge, ranger la maison, vaisselle, gérer les rdv médicaux, les obligations administratives, les factures, les enfants, l'école, les devoirs, leurs activités, avoir une vie sociale familiale, avoir une vie sexuelle aussi et prendre soin de tous, veiller aux besoins de tous... Elle compte, elle planifie. Si elle ne pense pas à tout, personne n'y pense à sa place, elle est la secrétaire de direction du foyer ! Les autres femmes ont l'air de gérer très bien tout ça, alors elle essaie d'être à la hauteur, de jongler avec tout ça. Parfois son mari lui propose son aide, comme une faveur, un service ! Elle répond non, car il ne sait pas faire ou fait mal ou de travers et elle n'a pas envie de s'en rajouter en repassant derrière lui. En fait, ce n'est pas d'aide dont elle a besoin, mais simplement qu'il fasse sa part ! C'est ça la vie en collectivité, la vie en couple ! La répartition des tâches est donc essentiel pour la survie d'un couple ou les deux partenaires ont une vie active à l'extérieur déjà, mais même lorsque la femme reste à la maison, il ne faut pas s'imaginer qu'elle glande...

 

Vous noterez que lorsque la femme rentre du travail, sa journée n'est pas finit, elle enchaîne, avec les tâches inhérentes au foyer et aux enfants. Bon nombre d'hommes, une fois rentrés à la maison après une journée de travail, considèrent que leur journée est FINIE et n'aspirent qu'à se détendre et être servit, justement comme si, ils ont un statut supérieur... La société patriarcale engendre d'ailleurs un complexe de supériorité masculine. 

Sans parler des excuses classiques, une différence de perception du degré d'urgence, ou la saleté les dérangerait moins... Donc autant que ce soit celle que ça dérange le plus qui s'en charge.   (certains préserve une propreté nickel de leur voiture et ne se soucient guère du ménage au sein du foyer pourtant). Ou encore, ceux qui estiment faire leur part en faisant la vaisselle et temps en temps, en passant un coup de balaie de temps en temps, sans même aller jusqu'à mettre la poussière dans la poubelle. Pas étonnant que la femme voit grandir en elle un sentiment de révolte. 

 

Il est fort déplorable que lorsqu'une femme revendique la répartition des tâches au sein du foyer "ordinaire" ou ne pas être assignée d'office ou trop majoritairement à certaines tâches,  le partenaire n'y voit qu'une forme de féminisme, ou la remise en cause de sa virilité s'il se soumettait, une "domination" ou une lutte de pouvoir.

Hors, si il participe en s'investissant dans le fonctionnement du foyer, il ne rend pas service à sa femme, mais AU COUPLE et à la libido du couple !  

 

La ou les hommes voient un débat féministe et un enjeu de domination, il est simplement question d'équilibrer

Les débats et revendications féministes, sont le plus souvent irritants pour les uns, déplacés pour les autres, voir risible ou sujet à ironie machiste.  A une époque où, l'équité leur "semble" acquise pour beaucoup.  Bien entendu, les femmes occidentales reviennent de loin dans la lutte pour légalité des droits. Pourtant, dans une société patriarcale, un mâle hétérosexuel blanc de plus de quarante ans à fort capital culturel et qui n'a jamais fait l'expérience de la discrimination sociale systématique ou de genre, ne peut se rendre compte des "différences" ni des "injustices". Il n'en a tout simplement pas conscience, et cela ne l'intéresse pas. On ne peut s'y intéresser que lorsqu'on le subit. C'est le cas de toutes les formes de discrimination, en principe, la majorité des sujets qui jouissent d'une position dominante, ou un statut privilégié, ne s’inquiètent pas de ceux qui subissent ou bien ils ne se rendent même pas compte; 

 

L’antiféminisme est vieux comme le monde, si il a atteint le paroxysme de sa violente misogynie au XVIet au XVIIe siècle, juste au moment ou les femmes commencent à prendre de l’importance dans la société. C'est l'époque de Catherine de Médicis, beaucoup de jeunes femmes accèdent alors à la cour, qui était jusque-là quasi exclusivement masculine. C'est la période ou Marguerite de Navarre, accède-t-elle à la célébrité en tant qu’écrivaine. Des possibilités d’ascension sociale féminine se dessinent à l'horizon. Certaines savent lire et écrire, et représentent un danger pour la société patriarcale. Face à cette menace, la réponse masculine a été de « resserrer la vis ».

Par ailleurs, la femme est considérée par les théologiens, et surtout par les médecins, comme un être dangereux, mauvais, entretenant une relation particulière avec le diable. Les médecins définissent le corps de la femme comme un danger pour l’homme : sa sexualité est dangereuse pour lui et risque de le tuer ! Dans le sillage de la médecine antique, les médecins affirment que les femmes sentent beaucoup plus mauvais que les hommes parce qu’elles sont froides et humides, alors que l’homme est chaud et sec.

L'antiféminisme est toujours bien présent, et l’historien Robert Muchembled développe ce sujet dans l'article suivant : Le monde - de-la-diabolisation-des-femmes-aux-buchers-de-sorcieres

 

Dans un autre registre discriminatoire, quand " l'homme blanc" détenait le pouvoir sur "l'homme noir" par exemple, il y a trouvé mille justifications et il a lâcher prise avec moult réticences, petit bout après petit bout, même encore aujourd'hui on ne peut pas dire que la suprématie blanche n'existe plus !!! Surtout aux états unis mais même en France, le "blanc" souffre d'un complexe de supériorité bien ancré sur l'homme de couleur, partout dans le monde. Tout est enjeu de domination. 
 
Entre les hommes et les femmes c'est même pire, tant l'homme a besoin que la femme soit EN DESSOUS pour se sentir virile puisque, culturellement, tant à l'échelle sociétale qu'a l'échelle de la culture familiale, le plus souvent, il a besoin de dominer sa femme pour se sentir viril ! 
Cela s'estompe selon le statut social, selon le niveau d'éducation, mais surtout selon le secteur professionnel. (Constat des études sociologiques). 
 
Le plus souvent, plus l'homme a besoin de se prouver sa virilité, moins il est apte à faire des concessions égalitaires ou à être soucieux d'équité. L'histoire de culture personnelle et de valeurs, de référence et de modèle pour chacun, d'ouverture d'esprit influence grandement également. 

Mais globalement, sur ce sujet précis, la plupart des hommes sont assez obtus ... comme si cela remettait en cause les fondements même de leur virilité justement ! Comme si on ne peut être viril qu'au dépend de la femme ! 
Dans un context culturel phallocentré ou l'homme doit constamment prouver qu'il en " a une grosse et bien dure et qu'il bande et qu'il domine la femme" si, si... Regardez bien. 
Beaucoup d'hommes se laissent prendre à ce piège culturel patriarcal et tombe dans le machisme ne peuvent finalement se sentir viril qu'au dépend de la femme ! C'est comme le principe de la fonction du "faire valoir", en écrasant, méprisant ou humiliant l'autre, il se sent plus puissant.

 

Sans en arriver à cet extrême, lorsque les comportements sont culturellement ancrés, on ne se rend plus compte des discriminations ! Et la culture met beaucoup de temps à évoluer.

Même les femmes n'ont pas toujours clairement conscience de ce qui se joue. Parfois, elles sentent bien que ça cloche et se battent contre, ce qui semble pour certains, des détails, mais finalement, les détails mis bout à bout constituent bel et bien une forme de la discrimination.

 

Par ailleurs, ce qui semble normal, dans le comportement masculin ou inhérent à leurs hormones, ne l'est pas forcément. 

A ceux qui pensent que si les hommes sont davantage les esclaves de leur désir, de leurs pulsions, du fait de leur testostérone, ce qui "expliquerait" que les dérives, harcèlement sexuels, abus sexuels et viols, à l'encontre de l'autre sexe est spécifiquement masculin, détrompez vous !

Une femme qui a du pouvoir, qui est valorisée,  voit son taux de testostérone augmenter et un homme humilié, , dévalorisé, sans pouvoir, voit son taux de testostérone baisser. 

C'est avant tout une question de CULTURE qui opère un conditionnement. Notre société phallocentrée et homophobe, pousse les hommes à PROUVER en permanence qu'ils sont VIRILS. Qu'ils bandent et qu'ils bandent dur exclusivement pour des femmes surtout ! (Qu'ils ne sont pas des tapettes !) Ainsi, non seulement ils s'autorisent, mais ils doivent en faire la démonstration, ne surtout pas réprimer leurs pulsions. L'exprimer ! 

Ce qui est l'extrême opposé pour la femme, puisque le regard social est la fort désapprobateur, la plupart, pour éviter d'être cataloguée " salope, putain, ou femme facile", elle est incitée implicitement à réprimer ses pulsions, ne pas les mettre en avant, à ne pas être l'esclave de ses pulsions, les refouler au moins partiellement. 

Ainsi, si la culture n'attendait pas des hommes qu'ils affirment sans cesse leur virilité, le harcèlement, les abus sexuels et les viols seraient nettement moins fréquents et les hommes moins infidèles !  

 

Il n'est pas aisé de réaliser que l'équilibre du pouvoir au sein d'un couple est totalement conditionné par l'environnement social et culturel (également religieux). 

Ajoutons à cela le fait que les femmes sont conditionnées au romantisme, la construction sociale de l'amour, influence grandement le projet de vie, et rend dépendant à un fantasme entretenu par les romans et le cinéma (la culture en général) quelle jeune femme n'a pas rêvé d'une belle robe blanche (de princesse) d'un partenaire  prince charmant et d'une belle histoire d'amour romantique à l'image des contes de fée...  L'impression de connaître LE "grand" amour est une forme d'auto conditionnement.

Et pourtant, si l'attraction physique existe bien entendu, et ses effets hormono-chimiques sont bien réels, ensuite ce sont des liens d'attachement que l'on tisse que l'on appelle l'amour, mais c'est tout ce que ce mot véhicule qui est artificiel et sujet à tant de déceptions.

L'expliquer à nos enfants leur épargnerait bien des désillusions. 

 Voir aussi  les-pieges-de-l-amour

 

 

PARTICIPEZ à l'enquête !  ENQUËTES - Questionnaires

 

Ci-dessous des livres intéressants qui donnent à voir l’immensité de la domination masculine, ils ouvrent les yeux sur des faits que l’on ne pensait pas même à questionner. Ils montrent comment les sciences sociales nous aident à voir au delà du prisme du genre, et surtout nous incitent à faire évoluer cet état de fait. Ces ouvrages enrichissants, s'appuient sur du concret, nous montrant des aspects qui n’apparaissent pas de façon évidente à propos de la domination d’un genre sur l’autre, comment l’organisation de nos sociétés patriarcales opprime les femmes, jusque dans les mécanismes sociaux les plus insoupçonnés.

 

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On sait que le capitalisme au XXI e siècle est synonyme d’inégalités grandissantes entre les classes sociales. Ce que l’on sait moins, c’est que l’inégalité de richesse entre les hommes et les femmes augmente aussi, malgré des droits formellement égaux et la croyance selon laquelle, en accédant au marché du travail, les femmes auraient gagné leur autonomie. Pour comprendre pourquoi, il faut regarder ce qui se passe dans les familles, qui accumulent et transmettent le capital économique afin de consolider leur position sociale d’une génération à la suivante. Conjointes et conjoints, frères et sœurs, pères et mères n’occupent pas les mêmes positions dans les stratégies familiales de reproduction, et n’en tirent pas les mêmes bénéfices. Fruit de vingt ans de recherches, ce livre montre que le capital a un genre. Céline Bessière et Sibylle Gollac enquêtent sur les calculs, les partages et les conflits qui ont lieu au moment des séparations conjugales et des héritages, avec le concours des professions du droit. Des mères isolées du mouvement des Gilets jaunes au divorce de Jeff et MacKenzie Bezos, des transmissions de petites entreprises à l’héritage de Johnny Hallyday, les mécanismes de contrôle et de distribution du capital varient selon les classes sociales, mais aboutissent toujours à la dépossession des femmes. Ce livre analyse ainsi comment la société de classes se reproduit grâce à l’appropriation masculine du capital. 

Céline Bessière est professeure à l’université Paris-Dauphine. Sibylle Gollac est chercheuse au CNRS. Sociologues, elles ont toutes les deux participé au Collectif Onze, qui a publié Au tribunal des couples. Enquête sur des affaires familiales (Odile Jacob, 2013). 

 

Céline Bessière et Sibylle Gollac, sont deux universitaires françaises. Indépendamment, ensemble ou dans le cadre d’un collectif de recherche, elles s’intéressent à la manière dont le capital – le patrimoine – est transmis lorsqu’il doit l’être : lors de successions à la suite d’un décès ou lors de séparations de couples. Elles ont pour cela mobilisé le meilleur arsenal sociologique. Entretiens et statistiques abondent, adossés au solide mur théorique bourdieusien.

Mais ce dernier, relèvent-elles, décrivait la société salariale des Trente Glorieuses : gagner sa vie, pour un homme comme pour une femme – de plus en plus – signifiait travailler et percevoir un salaire, lequel, par un système de cotisations, assurait les vieux jours, garantissait contre la maladie ou la vieillesse. C’est un tout autre système qui s’est organisé depuis la fin de années 1980. Si l’on travaille, c’est de plus en plus en indépendant, comme le montre l’essor de l’auto-entreprenariat, en particulier dans des tâches qui étaient jusqu’alors accomplies par des salariés.

Mais comme le statut d’indépendant ne garantit en rien contre la vieillesse, la maladie ou le chômage, il faut donc avoir un capital – des appartements loués, des placements, des participations dans des entreprises – qui permette de vivre en cas de réduction d’activité. Cette évolution du capitalisme, avantageant massivement le capital au détriment du travail, a été maintes fois décrite, par exemple par Thomas Piketty.

 

Le livre illustre concrètement qu'il Il y a le droit et il y a la pratique. En droit français, depuis le Code civil napoléonien de 1804, garçons et filles doivent recevoir une part égale du patrimoine du défunt. Cette disposition était à l’époque un acquis de la Révolution. Le droit est donc parfaitement égalitaire. Mais qu’en est-il des faits ? Dans les professions indépendantes – agriculteurs, commerçants, artisans, chefs d’entreprise –, la transmission de l’affaire va presque toujours aux garçons, le plus souvent à l’aîné.

La chose a été préparée de longue date, elle ne fait aucun doute : dans la famille, tout le monde sait qui – le fils aîné – reprendra la ferme, l’entreprise. On s’attendrait donc, à suivre le droit, que la valeur de ce bien soit divisée par le nombre d’enfants, et que l’aîné rachète leurs parts aux puînés. Or, montrent Céline Bessière et Sibylle Gollac dans une enquête très fouillée auprès des notaires, les choses se déroulent au contraire selon ce qu’elles appellent « une comptabilité inversée ».

Par différents artifices juridiques, au demeurant légaux, les successions commencent par évaluer combien le repreneur – le fils aîné en général – peut payer, puis fixent la valeur du bien à cette somme, très inférieure au prix du marché. Et frères et sœurs n’auront qu’à se répartir leurs parts de cette maigre somme, rechignant le plus souvent à contester ce chiffrage qui leur est défavorable pour ne pas mettre en cause l’unité de la famille. C’est « la paix des familles à l’ombre du fisc et au détriment des femmes »« Ce privilège masculin en matière d’héritage, dont certains pensent qu’il a disparu avec le déclin de la paysannerie et de la noblesse, est aujourd’hui encore perceptible à l’échelle de la population française, quand bien même le capital économique doit désormais composer avec le capital culturel », relèvent les deux sociologues.

 

Que se passe-t-il en cas de rupture conjugale ? Comment le patrimoine du couple est-il partagé ? Et en particulier dans les cas si fréquents où l’homme a bénéficié durant des années du travail invisible – que ce soit dans l’entreprise ou au foyer – de sa compagne, qui n’a reçu aucun salaire ? Dans la grande majorité des cas, c’est la femme qui quitte le domicile acquis en commun, ce qui donne ensuite à l’homme d’innombrables avantages – par exemple de faire évaluer le bien en sa faveur par un expert immobilier – lorsqu’il s’agira de partager ce patrimoine.

 

Des « prestations compensatoires » sont certes prévues (articles 270 et 271 du Code civil) pour permettre aux divorcées d’être dédommagées de la perte de niveau de vie. Une certaine vulgate masculine se délecte d’anecdotes sur des coquettes se faisant les ongles pendant des années tandis que leur mari trimait dur, avant de récupérer lors du divorce un superbe capital. Céline Bessière et Sibylle Gollac démontrent que ce n’est là que légende machiste. Par différents artifices là encore légaux, l’homme parvient le plus souvent lors de la séparation à dissimuler une partie de sa richesse, et à nier la réalité du travail invisible de l’épouse – outre les tâches domestiques ingrates qui reviennent typiquement aux femmes, comme si elles leur étaient destinées, la paperasse et la comptabilité.

Effet social plus subtil : les juges aux affaires familiales qui décident du montant des prestations compensatoires sont à 75 % des femmes qui ont toujours travaillé et se montrent peu enclines à dédommager celles dont elles ne comprennent pas la situation de « femmes au foyer », quand elles ne la désapprouvent pas franchement. Au bout du compte, le résultat est le même : le partage du capital lors d’une séparation, quand bien même son accumulation aurait été permise par l’action conjointe d’un couple, se fait en faveur de l’homme et au détriment de la femme.

Source   Mediapart

 

 

 

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Un monde façonné pour les hommes

Un autre ouvrage,  Femmes invisibles (First, 2020) de Caroline Criado Perez, journaliste britannique, est moins implacable dans sa démonstration, mais tout aussi fort dans sa dénonciation.  L’écriture est souvent hâtive, et l’on soupçonne parfois l’auteure de ne citer que ce qui va en faveur de sa thèse. Mais la thèse est passionnante. Caroline Criado Perez, , démontre par le menu combien le monde, de par ses normes techniques, est façonné pour les hommes.

Caroline Criado Perez montre aussi que ce monde normé pour les corps d’hommes a des conséquences graves pour la santé des femmes. 

Le livre de Caroline Criado-Perez abonde d’exemples (des accidents du travail dus à des outils ou des vêtements de protection conçus pour des hommes, des effets secondaires de médicaments méconnus parce qu’ils n’ont été testés que sur des hommes, etc.) de cette manière dont la santé des femmes est mise en danger par un monde organisé autour de normes techniques conçues pour le corps des hommes.

 

 

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13 septembre 2018

 

 

Dans son petit ouvrage, facile et rapide à lire ou écouter en audio, "Sorcières" de Mona Cholet retrace l'histoire de la maltraitance des femmes par le biais de la chasse aux sorcières. Explique ce que représente la sorcière dans l'inconscient collectif.  La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. On découvre qu'à travers l'Europe de la Renaissance, celles qui ont été accusées de sorcellerie, étaient simplement des femmes qui dérangeaient, des femmes dont les maris voulaient se débarrassaient (par la suite dans les asiles psychiatriques), ou celles qui s'étaient refusées à un homme qui les condamnait par dépit au bûché, celles qui s'opposaient d'une façon ou d'une autre aux moeurs ou à la leur famille, ou leur entourage, ou celles qui furent enviées, ou objet de représailles pour leur velléité d’indépendance. La chasse aux sorcière n'était pas l'apanage de la religion par le biais de l'inquisition, elle s'est répandue jusqu'au tréfonds des campagnes.  La chasse aux sorcières étaient une forme de répression de la la femme qui aspire à plus d'autonomie, de liberté et de pouvoir. L'homme et même la société préféraient les brûler vives plutôt que leur laisser plus de liberté.  
Ce livre explore le sujet des sorcière et examine ce qu'il en reste aujourd'hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante –; puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant –; puisque l'époque de la chasse a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée aux cheveux blanc, qui n'est plus désirable– devenue, et restée depuis, un objet d'horreur.
Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s'est développé alors tant à l'égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.

 

 

 

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2004 - 169 p

Ce livre allie subtilement un récit autobiographique et des réflexions plus psychologique et sociologiques. Pointant tous les conditionnements culturels de la femme, à travers  la bible (le péché originel ! L'accouchement dans la douleur, la chasteté... Quand par le passé l’Eglise voit des démons partout, elle considére que les femmes en sont les proies les plus faciles, car faibles et par essence pécheresses ) ; les contes de fée, à travers lesquels les identifications de genre conditionnent les attentes féminine, la princesse est toujours secourue par le prince, elle attend le prince, elle est passive et son bonheur dépend de lui ! Ou encore les héros de la mythologie....

 

 

Quelques extraits du livre à travers ces pages :

 

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(Lorsque l'homme est esclave de ses pulsions et la femme de ses peurs, vous imaginez le résultat !)

 

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 Voir aussi  le-syndrome-dhubris

 

Merci de partager et n'hésitez pas à commenter et donner vos avis ou faire part de vos stratégies pour équilibrer les pouvoirs au sein de la relation de couple ! 

 

 

A tous ceux qui ont déjà reçu l’agenda 2020/2021
J'aimerais savoir si vous en êtes satisfaits ? 
Il est le fruit d'un très long travail pour créer les fiches !
Un peu plus d'un an. 
J'espère que ce travail à porté ses fruits !
 
Merci de bien vouloir le commenter sur le lien ci-dessous afin de partager avec les membres. 
Je n'ai eu que 21 commandes et j'en ai pré payé 50 pour avoir un tarif. 
Pour le moment une bonne partie me reste sur les bras, merci aussi de le conseiller autour de vous si vous pensez qu'il en vaut la peine. 
 
 
Merci de votre soutien et de vos encouragements.

 

 

 



07/08/2020
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